juillet 2009
Le Fonds mondial de lutte
contre le sida octroie 108 millions de dollars au Togo
LOME — Le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose
et le paludisme a accordé au Togo une subvention non remboursable
de 108 millions de dollars pour lutter contre le VIH/sida, a-t-on
appris vendredi auprès du ministère de la Santé
togolais.
Ce don servira notamment à soutenir les malades du sida sous
traitement d’antiretroviraux (ARV) et à renforcer les
actions des associations de lutte contre la pandémie.
Au Togo, où le taux de prévalence est estimé
à 3,2%, l'accès aux ARV est gratuit depuis novembre
2008.
Environ 9.100 malades sur 26.232 bénéficient de ces
ARV, selon le Programme national de lutte contre le sida (PNLS).
VIH : le combat d’un sergent-chef
mercredi 29 novembre 2006
par Journalchretien.net
LOME, 28
novembre (PLUSNEWS) - Le sergent-chef Damiegou Carieri, sous-officier
de l’armée togolaise, est monté au front il
y a deux ans, dans le seul but de terrasser son ennemi, le VIH/SIDA,
et de protéger ses frères d’armes.
Dépisté positif au VIH en décembre 2004, le
sergent-chef n’a jamais cessé ses activités
: à la tête d’une association de militaires vivant
avec le VIH/SIDA, il enchaîne, avec énergie et conviction,
les séances de sensibilisation, le plaidoyer en faveur du
dépistage et les entraînements physiques.
« Mon statut sérologique n’a rien changé
à ma vie de militaire », explique le sous-officier
Carieri. « J’ai informé mes supérieurs
que j’allais mener une lutte contre le VIH/SIDA au sein de
l’armée et il n’y a pas eu de réticence
».
L’armée togolaise bénéficie depuis 2002,
année du lancement de l’opération Haute Protection
(OHP) de programmes pionniers de vulgarisation des connaissances
sur le VIH/SIDA et de dépistage systématique des soldats,
qui ont permis de limiter la propagation de l’épidémie
au sein d’un groupe à haut risque.
Selon l’ONG américaine Population Services International
(PSI), le taux de prévalence du VIH parmi les militaires
togolais peut être estimé, en l’absence d’études
ciblées, à plus de 25 pour cent, soit un militaire
sur quatre, contre un taux national officiellement établi
à 3,2 pour cent.
PSI considère qu’en tenant compte de la situation socio-économique
togolaise, comparée aux pays voisins, le taux d’infection
dans l’armée « doit être au moins trois
fois supérieur au taux enregistré dans l’ensemble
de la population adulte ».
Dans l’une des ses plus récentes études sur
la question, la Banque mondiale explique que les recrues dans l’armée,
des hommes généralement jeunes, sexuellement actifs
et souvent célibataires, peuvent céder à la
pression du groupe, notamment quand ils sont cantonnés loin
de chez eux.
« En temps de guerre, le risque de contracter le VIH et les
infections sexuellement transmissibles, IST, peut sembler faible
comparé au risque de décès au combat. Pour
ces raisons, le personnel militaire présente souvent des
taux d’IST et d’infection au VIH plus élevé
que l’ensemble de la population », affirme l’institution
financière.
Tentations
Le sergent-chef Cariari est bien placé pour connaître
les tentations des hommes en uniforme et les risques qu’ils
courent.
« J’ai une seule femme mais il m’est arrivé
d’avoir des relations sexuelles avec d’autres femmes
et c’est possible que ce soit par là que je me suis
infecté », dit-il. « Ca peut arriver à
tout le monde, car nul n’est parfait. En fait, la vérité
c’est que 82 pour cent des personnes infectées l’ont
été à travers les rapports sexuels non protégés,
même si certains cherchent à faire croire le contraire.
»
Pour le sous-officier, l’un des 450 pairs éducateurs
qui sensibilisent les membres des forces armées du Togo aux
modes de prévention et de soins, l’heure n’est
pas à la condamnation mais au dépistage.
« Ce sont eux qui ne connaissent pas leur statut sérologique
qui sont dangereux », estime-t-il. « Je veux me battre
pour que [mes pairs] puissent le connaître à temps
afin de pouvoir être pris en charge en cas de test positif
et ainsi pouvoir continuer à exercer dans l’armée
comme il se doit ».
Le sergent-chef a appris son statut en 2004 lors d’un dépistage
au centre du camp militaire Gnassingbe Eyadema, de Lomé,
la capitale togolaise. Il avait alors 44 ans et tombait régulièrement
malade.
« Un homme qui est en bonne santé ne doit pas tomber
tout le temps malade. C’est parce que c’était
mon cas que j’ai fait le test », raconte-t-il.
Et c’est tout aussi normalement que cet homme athlétique
en a parlé à sa femme, toujours séronégative.
« C’est étonnant, mais c’est la preuve
que sans le test, il ne faut rien avancer. Avec ma femme, je porte
le préservatif : je la protège et je me protège
», affirme le sous-officier.
Outre les sensibilisations aux moyens de prévention et de
prise en charge, le programme Haute Protection prévoit le
dépistage systématique des nouvelles recrues et un
test au VIH tous les ans pour les membres des forces armées.
Ainsi, chacune des quatre principales bases militaires du Togo dispose
d’un centre de dépistage anonyme, soit quatre centres
pour 7 000 soldats et leurs 35 000 dépendants.
En 2005, après un an d’activités, le projet
affichait des résultats jugés ‘remarquables’
par PSI, corroborés par une enquête de surveillance
du comportement : 60 pour cent des soldats mariés affirmaient
utiliser les préservatifs en-dehors de leur foyer, contre
huit pour cent auparavant.
Selon PSI, près de 100 pour cent des soldats ont été
concernés par ce programme Haute Protection. Et pour convaincre
les plus réticents, Damiegou Carieri ne ménage pas
sa peine, ni sa réputation.
« Je fais de la sensibilisation à visage découvert,
je n’ai pas besoin de me cacher car c’est à nous,
personnes infectées, de sortir parler aux gens pour qu’ils
prennent conscience. Nous pouvons réussir à changer
les gens », explique-t-il.
Pour l’y aider, et secourir « ceux qui tiennent difficilement
le coup », il a fondé en août 2005 l’Association
des militaires, anciens combattants, amis et corps habillés
(Amacach), forte aujourd’hui de 147 membres.
« Mes camarades qui vivent avec le VIH ont le moral bas…
mais avec les conseils des uns et des autres, ils arrivent à
retrouver l’espoir », dit-il.
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