Gabon
: l'opposition avance le chiffre d'au moins 15 morts à
Port-Gentil
LIBREVILLE (AFP) - 09.09.2009 La ministre de la Communication
gabonaise Laure Olga Gondjout a confirmé mercredi le
bilan officiel de trois morts lors des violences post-électorales
à Port-Gentil (ouest) et demandé à l'opposition,
qui avance le chiffre de 15 morts, d'apporter "des preuves".
La controverse sur le bilan des violences à Port-Gentil
(ouest) après l'élection d'Ali Bongo à
la présidence du Gabon a redoublé mercredi, l'opposition
avançant au moins 15 morts, les autorités maintenant
trois tués.
Pierre-André Kombila, médecin de formation, député
et figure de l'opposition, a fait état d'informations
en provenance de la morgue de l'hôpital de Ntchengue,
au sud de la cité pétrolière, "où
il y avait 15 corps", a-t-il déclaré à
l'AFP.
Selon lui, cette morgue "est pleine. Il nous reste à
voir celle de l'hôpital Paul Igamba". "Il y
a eu plusieurs dizaines de morts à Port-Gentil, selon
les différents témoignages que j'ai reçus",
a-t-il ajouté.
Candidat à la présidentielle de 1998 et plusieurs
fois ministre, M. Kombila a soutenu à la dernière
présidentielle l'opposant Pierre Mamboundou, dont Port-Gentil
est un fief.
Il contredit ainsi le chiffre officiel de trois morts dans les
violences qui ont secoué la capitale pétrolière
du Gabon du 3 au 6 septembre après l'annonce de la victoire
de Bongo.
Selon un décompte de l'AFP, les troubles ont fait au
moins six morts.
"Je me bornerai à reprendre les indications données
par le ministre de l'Intérieur. C'est un bilan de source
hospitalière. Il s'agit bien de trois morts. Ce ne sont
pas des morts dus à des échanges avec des forces
de sécurité", a répondu la ministre
de la Communication gabonaise Laure Olga Gondjout lors d'une
conférence de presse.
Si M. Kombila "parle de 15 morts, il faudrait quand même
qu'il étaye ce bilan. A ce niveau de responsabilité,
il ne faut pas tenir de tels propos simplement pour envenimer
la situation. Ce débat est terminé, on a tourné
la page. Il y a maintenant un président élu",
a-t-elle ajouté.
Elle a accusé M. Kombila d'avoir une "part"
de responsabilité dans "ce qui est arrivé".
"Ce sont ces personnes qui ont utilisé les medias,
instrumentalisé certains journalistes pour appeler à
la haine, à l'insurrection. Malheureusement ce sont des
jeunes Gabonais qui vont devoir répondre devant la justice
alors que les meneurs sont tapis dans leur domicile", a-t-elle
déclaré.
Cette haute responsable a aussi balayé la rumeur de corps
jetés en mer par des hélicoptères de l'armée,
évoquée par M. Kombila. "Qu'est-ce qu'il
attend pour saisir la justice? (...) Qu'il apporte plus de preuves
à ces déclarations", a-t-elle dit.
Au sujet d'une enquête internationale réclamée
par l'opposition, la ministre a affirmé qu'il n'y avait
"pas de gêne" à ce qu'il y en ait une.
Dimanche, le ministre de l'Intérieur Jean-François
Ndongou s'était dit "prêt à accepter"
une enquête.
Selon la ministre, "plus d'une centaine" de personnes
ont été interpellées à Port-Gentil,
alors que M. Kombila a avancé lui le chiffre de 311,
dont une vingtaines de femmes.
Dans la capitale pétrolière, la situation semblait
se normaliser.
"Presque tous les commerces sont ouverts, la plupart des
entreprises retravaillent, on retrouve l'activité au
port", a affirmé mardi soir à l'AFP le consul
de France à Port-Gentil, Pierre Blondel.
Selon les résultats officiels, validés le 4 septembre
par la Cour constitutionnelle, Ali Bongo, fils du président
défunt Omar Bongo, a été élu pour
un mandat de sept ans avec 41,73% des suffrages, devant André
Mba Obame (25,88%) et Pierre Mamboundou (25,22%). Ces deux derniers
revendiquent la victoire.
Les candidats battus disposent de 15 jours, à partir
de la validation par la Cour, soit jusqu'au 19 septembre, pour
déposer des recours contre le résultat.
Hannibal Kadhafi: les
excuses de Berne qualifiées d'"humiliation"
par la presse
Les excuses du président suisse à la Libye pour
l'arrestation en juillet 2008 d'Hannibal Kadhafi sont une "humiliation"
pour la Confédération qui a dû "capituler"
devant le leader libyen en reniant l'Etat de droit, estimait
vendredi la presse helvétique.
Les journaux suisses ont rivalisé de métaphores
pour exprimer leur consternation pour ces excuses destinées
à mettre fin à un contentieux qui a conduit à
rompre les relations entre les deux pays.
"La Suisse à genoux devant Kadhafi", titrait
ainsi le quotidien 24 heures tandis que Le Temps parle de "reddition"
et La Tribune de Genève de "pantalonnade".
"Douze mois après (le début de l'affaire),
la Suisse capitule", explique Le Temps. Le président
"a tout cédé sans ramener les otages suisses
avec lui", renchérit Le Matin.
Furieuse de l'arrestation en juillet 2008 dans un palace de
Genève du fils de leader libyen Mouammar Kadhafi et de
son épouse enceinte pour mauvais traitements de deux
domestiques, la Libye a imposé des mesures de rétorsion
à la Suisse, empêchant notamment deux hommes d'affaires
de la Confédération de quitter son territoire.
Elle réclamait depuis des excuses que Berne refusait
de lui accorder.
Avec ce mea culpa, c'est l'Etat de droit suisse qui a "fini
par être bafoué", insiste 24 heures. Un constat
partagé par la Neue Zürcher Zeitung (NZZ).
"La Suisse s'excuse auprès du dirigeant de la révolution
libyenne que dans la République de Genève tous
sont égaux devant la loi. Cette pilule est amère",
relève le quotidien germanophone.
Mais c'était, selon lui, un mal "nécessaire"
pour obtenir la libération des deux Suisses.
Malgré ces excuses inattendues, relève encore
Le Temps, la Libye n'a pas totalement levé la pression
sur la Suisse.
La Confédération a dû accepter de "se
soumettre à un tribunal arbitral neutre" alors que
le retour des deux Suisses, promis avant le 1er septembre, "dépend
de la bonne foi des Libyens".
"La Suisse paie finalement le tarif maximal pour rétablir
ses relations économiques normales avec le pays des dunes",
résume Le Temps.
L'argument économique est également retenu par
24 heures qui souligne que la Libye était, il y a un
an encore, le principal partenaire commercial de la Suisse en
Afrique. L'affaire a fait chuter les exportations de la Confédération
de 70% depuis 2008, passant de 282 millions de francs 70 millions.
Les livraisons de pétrole libyen ont plongé quant
à elle de 88% au premier semestre 2009.
"La morale de cette histoire, c'est que la Suisse n'est
pas mieux lotie que la Bulgarie qui a dû attendre sept
ans pour se tirer du chantage de Tripoli (sur les infirmières,
ndlr)... elle n'a aucune monnaie d'échange, aucun moyen
de pression", selon 24 heures.
Et au journal Le Temps de conclure: "L'humiliation était
au bout de l'impasse".
Gabon:
le gouvernement reconduit, changement du ministre de l'Intérieur
LIBREVILLE
- Le gouvernement démissionnaire du Premier ministre
gabonais Jean Eyeghé Ndong a été reconduit
quasiment à l'identique vendredi par la présidente
Rose Francine Rogombé, qui assure l'intérim depuis
le décès d'Omar Bongo Ondimba, selon un décret
lu à la télévision publique.
Le seul changement notable est celui du ministre de l'Intérieur,
qui sera chargé de l'organisation de la prochaine élection
présidentielle.
André Mba Obame, qui d'après plusieurs sources
concordantes suscitait l'hostilité de la société
civile, de plusieurs opposants comme de certaines franges du
pouvoir, est remplacé par Jean-François Ndongou,
également membre du Parti démocratique gabonais
(PDG) fondé par Omar Bongo.
M. Eyeghé Ndong, qui avait présenté vendredi
matin la démission de son gouvernement à Mme Rogombé,
a lu en fin de soirée à la télévision
les deux décrets pris par la présidente intérimaire
pour le reconduire en tant que chef du gouvernement et pour
nommer ses ministres.
Le ministre de la Défense Ali Ben Bongo, fils du défunt
et candidat potentiel à sa succession, ainsi que tous
les autres membres du gouvernement cités comme éventuels
postulants (le chef de la diplomatie Paul Toungui, le ministre
des Mines et du Pétrole Casimir Oyé Mba, le ministre
de la Santé Idriss Ngari...) conservent leur poste.
La Constitution prévoit l'organisation d'un scrutin présidentiel
45 jours au plus tard après la prise de fonctions du
chef de l'Etat intérimaire, intervenue le 10 juin. En
"cas de force majeure", ce délai peut être
prolongé.
Cette clause pourrait être invoquée en raison de
la nécessité, unanimement reconnue, de mettre
à jour les listes électorales, estiment plusieurs
observateurs.
Niger: des dizaines
de milliers de manifestants contre le président Tandja
NIAMEY (AFP) - Les opposants au président nigérien
Mamadou Tandja ont rassemblé des dizaines de milliers
de personnes dimanche à Niamey, renforçant la
pression populaire sur le chef de l'Etat après l'annulation
par la justice du référendum qu'il voulait organiser
pour rester au pouvoir.
A l'appel du Front de défense de la démocratie
(FDD), une coalition de partis, de syndicats et d'ONG, les manifestants
ont défilé pacifiquement dans les rues de la capitale,
à pied ou en motos, aux cris de "A bas +tazartché+
(la continuité), "tazartché est mort!",
a constaté l'AFP.
Ce rassemblement intervient deux jours après un arrêt
de la Cour constitutionnelle, qui a annulé un décret
présidentiel convoquant le corps électoral pour
un référendum le 4 août.
Souhaitée par M. Tandja, cette consultation populaire
visait à faire adopter une nouvelle Constitution qui
lui aurait permis de rester au pouvoir au-delà du terme
de son deuxième quinquennat successif, qui s'achève
le 22 décembre.
Après plusieurs mois de bras de fer avec les institutions
nigériennes, le chef de l'Etat, 71 ans, qui semble avoir
épuisé tous les recours légaux pour rester
en place, ne s'est pas exprimé depuis ce revers infligé
par la Cour constitutionnelle.
Illustrant la forte mobilisation des dernier mois contre les
ambitions présidentielles, les manifestants brandissaient
dimanche des banderoles où on pouvait lire: "tazartché
ne passera pas!", "Non à un bonus de trois
ans", "Non à une nouvelle Constitution".
Certains arboraient des tee-shirts à l'effigie de l'ex-Premier
Hama Amadou, dauphin déchu de M. Tandja qui a été
placé en liberté conditionnelle après dix
mois d'incarcération pour détournements de fonds
présumés.
Les manifestants ont ensuite tenu un meeting sur une place
du centre-ville.
"Tous les Nigériens doivent se soulever pour rejeter
le projet de référendum antidémocratique",
a exhorté Mahamadou Issoufou, chef de file de l'opposition
et président du FDD.
M. Issoufou a salué la décision de la Cour constitutionnelle,
"sentinelle de la démocratie", avant de demander
au pouvoir de doter la Commission électorale nationale
indépendante (Ceni) de moyens pour lui permettre d'organiser
des législatives anticipées avant fin août.
Une élection présidentielle est prévue
le 14 novembre.
Après leur "victoire" vendredi, les opposants
au projet de nouvelle Constitution ont décidé
de ne pas baisser leur garde et de maintenir la pression sur
le chef de l'Etat.
Le FDD avait ainsi décidé de maintenir cette
manifestation qui avait été annoncée avant
que la Cour constitutionnelle ne rende sa décision. Les
sept centrales syndicales du Niger avaient également
maintenu leur appel à la grève générale
le 18 juin.
La manifestation a été endeuillée par
la mort de Moumouni Djermakoye Adamou, l'ex-président
de la Haute cour nationale de justice, un des instigateurs du
rassemblement.
Victime d'un malaise alors qu'il s'apprêtait à
s'adresser à la foule, il est décédé
à l'hôpital de Niamey, selon ses proches.
M. Djermakoye, une personnalité politique très
respectée, avait récemment claqué la porte
de la coalition au pouvoir après la décision de
M. Tandja d'organiser un référendum.
Nigeria:
l'armée continue ses opérations, détruit
un camp rebelle
LAGOS
- L'armé nigeriane a annoncé dans un communiqué
qu'elle continuait ses opérations dans le delta du Niger
pour stopper les activités rebelles et retrouver des
expatriés et des soldats toujours recherchés.
Elle a aussi annoncé avoir détruit un important
camp rebelle.
"Etant donné que nous continuons a rechercher nos
collègues disparus et les expatriés qui manquent,
nos opérations continuent, a déclaré le
porte-parole de la Force Conjointe armée-police (JTF),
une unité spéciale opérant dans la région,
le colonel Rabe Abubakar dans son communiqué.
Le JTF précise dans son texte qu'il a découvert
et détruit un important camp de rebelles du Mouvement
pour l'Emancipation du Delta du Niger (Mend) . Il a indiqué
que d'après des traces de traces de sang tout autour
il estimait que ce camp servait de "zone de traitement
d'urgence pour les militants blessés".
Le MEND et l'armée ont indiqué tous deux que deux
semaines de confrontations avaient causé des morts des
deux côtés mais ont r'efusé de donner des
chiffres de victimes.
Les média locaux ont indiqué que les affrontements
pouvaient avoir causé des dizaines de morts.
Les rebelles du Mend ont affirmé avoir détruit
plusieurs importants oléoducs lundi dans le sud pétrolifère
du Nigeria, où l'armée mène une vaste opération
pour les "chasser" totalement de la région.
Dans un e-mail adressé aux médias, le Mend a assuré
que ses combattants "ont détruit des tronçons
importants de pipelines pour entraîner l'assèchement
de l'approvisionnement du réservoir de stockage de Chevron
dans le Delta".
Le groupe armé a ajouté que les lieux d'approvisionnement
touchés concernaient "Chevron (à Alero creek),
Otunana, Abiteye, Makaraba et Dibi".
Le géant pétrolier américain a annoncé
lundi que sa production au Nigeria a baissé de 100.000
barils par jour (b/j) après l'attaque contre un de ses
oléoducs.
Le Mend, qui affirme se battre pour les populations misérables
du delta du Niger en vue d'un meilleur partage des richesses,
a également réitéré ses menaces
concernant un blocage des exportations pétrolières.
Le groupe, qui s'est taillé une notoriété
avec ses multiples prises d'otages de ressortissants étrangers
travaillant dans le secteur pétrolier, a ajouté
que les sabotages de lundi matin étaient une réponse
aux "souffrances" infligées aux communautés
locales par les troupes gouvernementales.
Depuis dix jours, l'armée ratisse l'Etat de Delta, affirmant
vouloir "complètement chasser" les rebelles
de la région.
Mardi, une patrouille de la marine nigériane a déjoué
une attaque contre une installation de la compagnie française
Total, a-t-on appris auprès de la compagnie.
"Des hommes à bord de vedettes ont essayé
d'attaquer notre champ pétrolier d'Amenam, mais ont été
chassés par une équipe de notre patrouille",
a déclaré à l'AFP le porte-parole local
de Total, Fred Ohwawa.
Un porte-parole de la force conjointe armée-police (JTF)
qui protège notamment les installations pétrolières
a confirmé l'incident.
Les violences dans la région du delta du Niger ont fait
chuter la production pétrolière nigériane
de 2,6 millions de barils par jour en 2006 à 1,76 actuellement,
selon les derniers chiffres de l'Agence Internationale de l'Energie(AIE).
Le
président Bongo hospitalisé à Barcelone,
Libreville minimise
BARCELONE
(Espagne) AFP / 21 mai 2009 - Le président gabonais Omar
Bongo Ondimba, 73 ans dont 41 ans au pouvoir, est hospitalisé
en Espagne à Barcelone, pour un simple "bilan de
santé" selon Libreville, mais dans un état
grave, soigné pour un cancer, selon d'autres sources
interrogées par l'AFP.
M. Bongo "séjourne actuellement à l'hôpital
Quiron de Barcelone (...) pour y faire un bilan de santé
et y suivre des soins appropriés afin d'être au
mieux de sa forme pour regagner le Gabon et reprendre au plus
vite ses activités", a indiqué dans l'après-midi
la présidence gabonaise.
"Le président n'a subi aucune intervention chirurgicale"
et "est naturellement au fait des questions les plus impératives"
du pays, ajoute la présidence à Libreville, dans
un texte envoyé depuis Barcelone.
Libreville dénonce un "acharnement médiatique,
aujourd'hui particulièrement indécent", et
selon elle "savamment entretenu pour semer le trouble dans
l'esprit du peuple gabonais à des fins déstabilisatrices".
La radio télévision publique gabonaise (RTG) a
interrompu ses programmes vers 17H00 pour donner le communiqué
in extenso sans autre explication.
Toutefois, selon deux sources informées suivant de près
la situation et s'exprimant sous le couvert de l'anonymat, le
doyen des chefs d'Etat africains se trouverait dans un état
grave.
Il alterne des phases de conscience et d'inconscience, ont indiqué
ces sources à l'AFP jeudi après-midi. L'une d'elles
a assuré que le président gabonais souffrait d'un
cancer des intestins avec des métastases.
Une source française spécialiste des questions
africaines a de son côté fait état à
Paris d'une "détérioration confirmée"
de l'état de santé de M. Bongo, sans plus de détails.
Le Premier ministre français, François Fillon,
en visite au Cameroun, a affirmé que la santé
de M. Bongo était "satisfaisante".
"Je sais que le président est soigné. Je
sais qu'hier soir encore et ce matin sa santé était
satisfaisante. Je formule mes voeux de prompt rétablissement
à M. Bongo en espérant naturellement qu'il sera
remis sur pied le plus vite possible", a déclaré
M. Fillon, en répondant à un journaliste.
Le ministre espagnol des Affaires étrangères,
Miguel Angel Moratinos, s'est borné à confirmer
dans la matinée que M. Bongo était soigné
en Espagne.
Une des sources consultées par l'AFP avait indiqué
dans la matinée qu'il était hospitalisé
à Barcelone (nord-est) depuis une dizaine de jours pour
un cancer intestinal, sans préciser s'il avait été
ou non opéré.
Selon cette source, il aurait été victime d'une
hémorragie pendant son transfert par avion en Espagne
et est accompagné de membres de son entourage, dont sa
fille, Pascaline.
Le journal catalan La Vanguardia a également assuré
jeudi dans son édition en ligne que M. Bongo souffrait
d'une "grave tumeur", citant en outre M. Moratinos
qui lui aurait indiqué: "Il va très mal".
Fait sans précédent, la présidence gabonaise
avait annoncé le 6 mai que M. Bongo, avait décidé
"la suspension momentanée de ses activités"
de chef d'Etat, et que "toutes les audiences présidentielles
(seraient) suspendues jusqu'à nouvel ordre".
Selon un communiqué, il voulait "se ressourcer dans
le repos" après avoir vécu pendant "plus
de trois ans (...) une épreuve particulièrement
difficile avec la maladie de son épouse" Edith Lucie,
décédée le 14 mars à Rabat.
M. Bongo n'est plus réapparu depuis en public au Gabon,
ex-colonie française d'Afrique équatoriale riche
en pétrole, bois et minerais, où sa santé
est un sujet tabou.
Depuis quelques jours, sa succession est au centre des conversations
dans la capitale gabonaise, même s'il elle n'est jamais
abordée de manière officielle.
Jacob Zuma intronisé
Les
spéculations vont bon train sur le nom des ministres
dont il va s’entourer. Pendant la campagne il a bénéficié
d’un fort appui des syndicats et du Parti communiste,
mais il a assuré que les portefeuilles ne seraient pas
réservés à ses amis.
Les postes clés seront les Finances, où Trevor
Manuel, apprécié des marchés, ne devrait
pas être reconduit, l’Education et la Santé,
un ministère qui pendant des années a été
réticent à distribuer des antirétroviraux.
M. Zuma va succéder à Kgalema Motlanthe, qui assurait
l’interim depuis septembre après la démission
forcée de la présidence de Thabo Mbeki (1999-2008).
Il fait ici un retour triomphant après avoir été
donné mort politiquement: il avait été
limogé de son poste de vice-président en 2005,
il a été acquitté pour viol en 2006 et
des accusations de corruption contre lui ont été
abandonnées début avril.
Afrique
du Sud: Zuma restructure le gouvernement face au défi
de la pauvreté
PRETORIA (AFP) - Le nouveau président sud-africain, Jacob
Zuma, a annoncé dimanche la composition d'un gouvernement
profondément remanié, préparant l'offensive
contre une pauvreté toujours massive quinze ans après
la chute de l'apartheid.
L'objectif est de "parvenir à un développement
social et économique visible au cours des cinq années"
du mandat, a déclaré M. Zuma, intronisé
la veille après son élection par le Parlement
issu du scrutin du 22 avril.
Une Commission nationale du Plan et un organisme d'évaluation
et de contrôle sont créés au sein de la
présidence, afin de "permettre à la machinerie
d'Etat d'accélérer l'amélioration des services
publics", écoles, hôpitaux, transports et
logements, a souligné le chef de l'Etat lors d'une allocution
télévisée.
"Nous ne tolèrerons pas la paresse ni l'incompétence",
à tous les échelons de l'Etat, a-t-il martelé.
Le tribun zoulou, 67 ans, s'est engagé à répondre
rapidement à la frustration de la population face au
délabrement des services publics, en piteux état
en dépit de la richesse de la première économie
du continent.
Laissés-pour-compte du décollage économique
post-apartheid, 43% des 48 millions de Sud-Africains vivent
toujours avec moins de deux dollars par jour.
Le président Zuma entend pour cela s'appuyer sur une
équipe de personnalités souvent respectées,
ouverte à l'opposition malgré les 65,9% de suffrages
recueillis aux législatives par le parti au pouvoir,
le Congrès national africain (ANC).
La Commission du Plan, chargée de la définition
d'une politique de développement cohérente "à
laquelle pourront adhérer toutes les sphères du
gouvernement", sera dirigée par Trevor Manuel .
Au ministère des Finances pendant 13 ans, ce dernier
est considéré comme l'artisan de la croissance.
Il sera remplacé par Pravin Gordhan, l'homme qui a alimenté
les caisses de l'Etat en transformant les services du fisc en
une administration efficace.
Le chef de l'Etat sortant, le sérieux et intègre
Kgalema Motlanthe , prend la vice-présidence après
avoir assuré l'intérim pendant sept mois aux commandes
du pays. Le Parlement, dominé par l'ANC depuis les premières
élections multiraciales en 1994, l'avait élu en
septembre 2008 à la suite de la démission forcée
de son prédécesseur, Thabo Mbeki.
Quant à Barbara Hogan, qui avait repris le ministère
de la Santé en septembre dernier des mains de la très
décriée Manto Tshabalala-Msimang, elle se voit
confier un ministère clé, celui des Entreprises
publiques.
Le gouvernement Zuma entend amortir l'impact de la crise mondiale
sur l'emploi grâce à des investissements massifs
dans les infrastructures. Des centaines de milliers d'emplois
sont menacés alors que l'Afrique du Sud entre en récession
avec un taux de chômage qui frôle déjà
les 40%.
L'éviction de Mme Hogan de la Santé a toutefois
déçu les militants pour les droits des malades
du Sida, qui l'avaient érigée en salvatrice après
des années de déni des autorités face à
la pire pandémie au monde.
Autres priorités du nouveau gouvernement: le développement
des zones rurales, où la pauvreté est la plus
abjecte, et la reconstruction du secteur éducatif, pilier
de la lutte contre le chômage à long terme. Ces
deux portefeuilles ont été divisés pour
davantage d'efficacité.
Parmi les nominations qui devraient retenir l'attention figure
aussi celle d'un proche allié du chef de l'Etat, le secrétaire
général du Parti communiste Blade Nzimande, au
nouveau ministère de l'Enseignement supérieur.
Ainsi que celle de Pieter Mülder, défenseur de la
cause des paysans blancs afrikaners, nommé adjoint à
l'Agriculture.
Gabon: le président
Bongo suspend momentanément ses activités
LIBREVILLE - Le président gabonais Omar Bongo Ondimba,
74 ans, a décidé la "suspension momentanée
de ses activités", pour se reposer et faire le deuil
de son épouse, Edith Lucie, dont le décès
l'a "profondément marqué", selon un
communiqué lu mercredi soir par la télévision
publique RTG1.
"Aujourd'hui, le président de la République
a décidé de la suspension momentanée de
ses activités. (...) De ce fait, toutes les audiences
présidentielles sont suspendues jusqu'à nouvel
ordre", déclare ce communiqué de la présidence,
lu en ouverture du journal de la RTG1 (première chaîne
de la Radio-télévision gabonaise).
M. Bongo Ondimba, au pouvoir depuis 1967, "a vécu
des périodes particulièrement difficiles avec
la maladie de son épouse, feue la Première dame
Edith Lucie Bongo Ondimba" décédée
le 14 mars après trois ans de maladie. Il compte profiter
de cette suspension de ses activités "pour se ressourcer
dans le repos", est-il expliqué dans le texte.
Fille aînée du président congolais Denis
Sassou Nguesso, Mme Bongo était âgée de
45 ans. Le président gabonais l'avait épousée
en secondes noces il y a 18 ans.
Selon le communiqué de la présidence, la suspension
des activités présidentielles a été
décidée "à la demande pressante et
renouvelée de la famille et de plusieurs personnalités
politiques du pays qu'il (M. Bongo Ondimba) a reçues
et dans le souci de s'inscrire dans la tradition gabonaise du
veuvage".
|